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Le point sur... Zones blanches et zones grises

Le développement de l’accès à internet à haut-débit en France a été largement dominé par une technologie, l’ADSL. Cette technologie a la particularité d’entraîner de fortes disparités spatiales : l’éligibilité d’un secteur donné et la qualité du service à laquelle peut prétendre un utilisateur dépendent d’une infrastructure existante et stabilisée - le réseau téléphonique traditionnel.

Pour les acteurs de l’aménagement, il est indispensable de lutter contre la fracture numérique géographique générée par ces disparités. Cela passe par la résorption des zones blanches, afin de permettre à chacun d’accéder à internet avec un débit suffisant, et des zones grises, afin d’offrir l’accès à des offres diversifiées, compétitives et innovantes.

Les zones blanches

En matière d’aménagement numérique, une zone blanche est un secteur géographique qui n’est pas desservi par un service de communication électronique. On distingue généralement les zones blanches pour la téléphonie mobile (non couvertes par les réseaux mobiles) et les zones blanches pour l’accès haut débit à internet (non desservies par les réseaux haut débit fixes). La présente fiche aborde uniquement cette seconde catégorie.

Les zones blanches sont le plus souvent des territoires ruraux, mais il en existe également en ville, ponctuellement. Pour des raisons d’égalité des populations et d’aménagement équilibré du territoire, les aménageurs publics (les Collectivités, l’Etat) cherchent à résorber les zones blanches.

Zone blanche ADSL

Compte-tenu de la domination de l’ADSL parmi les technologies d’accès haut débit en France, on assimile souvent la notion de zone blanche haut débit à l’absence de desserte ADSL sur un territoire. Une zone blanche est ainsi une zone non desservie par l’ADSL, et pour laquelle aucune solution alternative n’a encore été déployée.

L’absence de couverture ADSL peut s’expliquer par différentes raisons :

-  le répartiteur téléphonique dont dépendent les abonnés de la zone n’est pas équipé pour l’ADSL ; ce cas est amené à disparaître (engagement de France Télécom à équiper tous les répartiteurs pour fin 2006)

-  certains abonnés sont trop éloignés du répartiteur

-  le répartiteur est desservi par voie radio

-  les abonnés sont desservis par un câble téléphonique multiplexé (partage de la ligne entre plusieurs abonnés)

Dans le premier et le troisième cas, la zone blanche correspond à toute la zone arrière du répartiteur. On appelle zone arrière d’un répartiteur le territoire dont les lignes téléphoniques sont raccordées à ce répartiteur. Une ligne donnée ne dépend que d’un seul répartiteur - il n’y a donc pas de recouvrement des zones arrières de différents répartiteurs.

Dans le deuxième cas, la zone blanche correspond à la partie de zone arrière la plus éloignée du répartiteur.

Dans les deuxième, troisième et quatrième cas, qui correspondent à des impossibilités techniques de délivrer le service, on parle aussi de "zone d’ombre".

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Simulation de couverture DSL
Rouge=6Mbit/s, blanc=zone blanche

Traitement des zones blanches

La première solution est d’améliorer la couverture ADSL, en étendant les périmètres d’éligibilité à l’aide de variantes DSL permettant d’augmenter la portée (ReADSL), et en poursuivant l’équipement ADSL de tous les répartiteurs téléphoniques. Toutefois, l’exemple présenté ci-après illustre le fait que même avec un déploiement de l’ADSL dans tous les répartiteurs téléphoniques de France, il restera des zones blanches. On estime ainsi que près de 5 000 communes garderont une couverture ADSL inférieure à 80% de leur population.

Une solution parfois employée est l’extension du réseau téléphonique existant, avec la mise en place de nouveaux répartiteurs et sous-répartiteurs. Cette solution ne se justifie toutefois que lorsque la population à raccorder est suffisamment nombreuse dans le secteur concerné.

Des technologies alternatives, dont la mise en oeuvre sur un territoire n’est pas conditionnée par l’éloignement par rapport au répartiteur téléphonique, sont donc à envisager pour éliminer toutes les zones blanches. On pourra ainsi s’appuyer sur des technologies comme la fibre optique, le WiMAX, le Wi-Fi, le satellite...

Illustration du phénomène de zone blanche

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Certains répartiteurs ne sont pas équipés pour l’ADSL
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Tous les répartiteurs sont équipés pour l’ADSL

-  les traits fins gris indiquent les limites de communes
-  les traits épais violets indiquent les limites de zones arrières des répartiteurs téléphoniques
-  les points noirs représentent la position des répartiteurs téléphoniques équipés pour l’ADSL les cercles bleus représentent l’éligibilité ADSL (NB : c’est une simulation de principe ; en réalité l’éligibité dépend de la longueur du câble téléphonique, qui n’est pas rectiligne)

La carte de gauche représente un scénario où seuls certains répartiteurs téléphoniques sont équipés pour l’ADSL. Ainsi, sur cet exemple, le répartiteur n°3 n’est pas équipé. Certaines zones arrières sont complètement blanches : il s’agit des zones dans lesquelles le répartiteur n’est pas équipé. La carte de droite représente un scénario où tous les répartiteurs sont équipés pour l’ADSL. Dans ce cas-là, on voit qu’il reste tout de même des parties de territoires non desservies. Ceci est dû à leur éloignement des répartiteurs. On remarque également que sur une même commune, on peut avoir certains secteurs éligibles et d’autres en zone blanche, soit pour des raisons de distance du répartiteur, soit parce que la commune est partagée entre plusieurs zones arrières.

Les zones grises

Les "zones grises" sont des zones desservies en haut débit, mais non concurrentielles. Une zone peut être considérée comme concurrentielle quand elle remplit au moins une des conditions suivantes :

-  plusieurs technologies coexistent dans la zone en question : DSL, câble, Wi-Fi...

-  la zone est éligible au DSL et le répartiteur est dégroupé. Le dégroupage, ouvrant la possibilité aux opérateurs alternatifs de poser leurs propres équipements à l’intérieur du répartiteur, est en effet une condition indispensable à la concurrence du marché DSL : sans dégroupage, tout opérateur voulant offrir des services aux clients finals doit passer par le réseau et les équipements de France Télécom. Or la maîtrise d’un opérateur sur le réseau qu’il utilise est essentielle : elle lui permet d’être indépendant d’un point de vue technique et financier, et d’innover sur les services proposés, à l’image du "triple play".

Si les zones grises sont un premier pas vers la résorption des zones blanches, elles ne permettent pas le développement d’offres haut débit aussi diversifiées et innovantes que dans les zones concurrentielles.

Résorption des zones grises

Dans un objectif d’équité territoriale, il est nécessaire de résorber les zones grises, afin que partout, la population (grand public et entreprises) bénéficie d’offres compétitives et innovantes. Au-delà de l’élimination des zones blanches, il est également du ressort des pouvoirs publics de favoriser la résorption des zones grises, en favorisant une concurrence durable sur leur territoire. Il s’agit à la fois de susciter la demande et sensibiliser à la plus-value du haut débit, de faire valoir les besoins du territoire auprès d’opérateurs, mais aussi de faciliter leur implantation en abaissant les barrières à l’entrée sur le marché local, par exemple par la mise en place d’infrastructures d’accueil publiques mutualisées.

Pour en savoir plus...

Quelques sites internet
-  Observatoires des territoires - Volet TIC Base de données géoréférencées sur la couverture haut débit, publiée par la DIACT
-  DegroupNews DegroupNews propose des informations, mises à jour régulièrement, concernant le déploiement territorial de l’ADSL et le dégroupage.
-  DegroupTest Le site DegroupTest permet, à partir d’un numéro de téléphone, de connaître son éligibilité à certaines offres ADSL
Le point sur...
-  Le dégroupage
-  L’ADSL
-  Les enjeux de l’intervention publique
Contacts
Brigitte Vautrin et Stéfan Le Dû - Chargés d’études
Groupe Aménagement Numérique des Territoires - CETE de l’Ouest