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Le point sur... L’ADSL


Relativement facile à déployer car s’appuyant sur l’infrastructure téléphonique existante, l’ADSL est la technologie haut débit la plus utilisée en France. Les débits offerts sont globalement satisfaisants pour les usages actuels, mais risquent de limiter les nouveaux usages. Par ailleurs, les limites géographiques de couverture ADSL posent le problème de l’égalité des territoires pour l’accès à internet, avec l’apparition de "zones blanches".

Points forts :
-  technologie largement déployée, bien maîtrisée par les opérateurs
-  utilisation du réseau téléphonique existant - pas de travaux à réaliser

Points faibles :
-  zone de desserte limitée à quelques kilomètres autour du répartiteur téléphonique
-  niveau de service conditionné par la distance entre l’abonné et le répartiteur téléphonique
-  nécessite l’utilisation d’une infrastructure possédée par une entreprise unique (France Télécom)

L’ADSL, comment ça marche ?

L’ADSL (asymmetric digital subscriber line : ligne numérique asymétrique d’abonné) fait partie de la famille de technologies DSL. Ces technologies sont basées sur le transport d’informations numériques sur le câble de cuivre assurant la desserte téléphonique. Alors que le transport de la voix n’utilise que la bande de fréquence de 300 à 3400 Hz, le câble de cuivre téléphonique peut transmettre une gamme de fréquences beaucoup plus large. C’est dans ces "couloirs libres" que le signal DSL peut se propager, sans interférence avec le signal voix.

Schéma de déploiement

(JPEG)

Depuis le réseau mondial et en descendant vers l’abonné, on trouve les éléments suivants :

-  le répartiteur téléphonique, noeud relié en amont à la fois au réseau de téléphone traditionnel et au réseau internet. Les répartiteurs téléphoniques n’ont pas à être construits spécifiquement pour l’ADSL : il s’agit des bâtiments par lesquels transitent déjà toutes les lignes téléphoniques d’un quartier. Il en existe 12.000 en France.

-  au sein du répartiteur, un équipement électronique spécifique appelé DSLAM. Le DSLAM assure le lien entre les lignes des différents abonnés d’un côté, et le réseau de collecte de l’autre côté.

-  le câble téléphonique de cuivre. Il transporte à la fois le signal téléphonique voix et le signal de données électroniques dans les fréquences plus élevées. Aucune modification du câble téléphonique n’est nécessaire.

-  chez l’abonné, un filtre permettant de séparer le signal données du signal voix.

-  le modem ADSL, qui assure le décodage des informations et les envoie à l’ordinateur. Si le débit le permet, des services de téléphonie sur IP et de télévision peuvent également être proposés (offres dites triple-play) ; dans ce cas-là, le modem ADSL est intégré à un équipement spécifique fourni par l’opérateur, portant généralement le nom commercial de "box".

Contraintes

-  accès au câble téléphonique et au répartiteur : le déploiement d’une desserte ADSL nécessite de pouvoir faire passer un signal sur le câble téléphonique qui relie l’abonné au répartiteur téléphonique. Ce câble est propriété de France Télécom. La réglementation impose à France Télécom de mettre ce câble à disposition de tout opérateur qui en fait la demande. C’est ce qu’on appelle le dégroupage (voir la fiche dédiée).

-  le répartiteur téléphonique doit être équipé d’un DSLAM, ce qui n’est pas encore le cas pour tous les répartiteurs (France Télécom s’est toutefois engagé à tous les équiper pour fin 2006).

-  affaiblissement avec la distance : le signal électrique transporté par les câbles de cuivre s’affaiblit assez rapidement. L’ADSL ne peut être proposé que dans un rayon de l’ordre de 5 km autour du répartiteur téléphonique (rayon approximatif : en réalité c’est l’affaiblissement, en dB, déterminé par la longueur et le diamètre du câble, qui est déterminant). Dans cette zone d’éligibilité, plus l’abonné est loin, plus le débit dont il bénéficie est faible.

(PNG)
Débit en fonction de la longueur de ligne

ReADSL, ADSL2+ : quelles différences ?

Comme indiqué en introduction, il existe d’autre technologies de la famille DSL. Outre l’ADSL, dont le débit maximum théorique est de 8Mbit/s, on utilise en France, en 2006, les variantes suivantes :

-  le ReADSL ("Reach extended" ADSL), une technique consistant à augmenter la puissance du signal dans une certaine bande de fréquence ; par ce biais, il est possible d’augmenter la portée du signal de 5% à 10%. Les débits dans cette zone de "portée étendue" sont toutefois limités (maximum 512 kbit/s).

-  l’ADSL2+ : variante de l’ADSL utilisant davantage de fréquences porteuses et permettant d’atteindre des débits théoriques de 20 Mbit/s. Au-delà de 3 km du répartiteur, les débits ADSL2+ rejoignent ceux de l’ADSL.

Quels territoires et quels usages ?

L’ADSL est adapté en premier lieu aux zones densément peuplées  :

-  d’une part cela permet d’augmenter le nombre d’abonnés desservis par un même déploiement et donc d’améliorer la viabilité économique de l’offre d’un opérateur

-  d’autre part cela garantit une distance moyenne abonné - DSLAM plus faible, et donc des débits moyens plus élevés

Le phénomène de zones blanches

Compte-tenu des contraintes évoquées précédemment, l’éligibilité d’un secteur à l’ADSL est conditionnée par :

-  l’équipement en DSLAM du répartiteur téléphonique dont il dépend

-  la distance entre les abonnés et leur répartiteur téléphonique d’attachement

Il en découle que certains secteurs géographiques, dits "zones blanches", ne peuvent pas bénéficier de l’ADSL :

-  secteurs dont le répartiteur téléphonique n’est pas équipé en DSLAM (il ne devrait plus y en avoir d’ici fin 2006)

-  secteurs dont le répartiteur téléphonique est équipé d’un DSLAM, mais qui sont trop éloignés de ce répartiteur. Sur la simulation ci-contre, c’est le cas des secteurs représentés en bleu foncé.

Pour ces secteurs, d’autres technologies devront être déployées pour permettre un accès internet à haut débit.

Usages de l’ADSL

Les usages de l’ADSL, pour l’abonné, dépendent en grande partie de la distance qui le sépare du répartiteur : s’il se situe à moins de 2,5 km, il pourra bénéficier d’offres triple-play combinant internet, télévision et téléphone, dans des conditions de qualité de service satisfaisantes. Le contexte concurrentiel du secteur géographique est également un facteur déterminant ; dans les zones urbaines où la concurrence est la plus active, les prix et les services sont généralement plus avantageux pour le consommateur que dans les zones grises où la concurrence n’opère pas.

Pour en savoir plus

Quelques sites internet
-  Article ADSL sur l’encyclopédie collaborative Wikipedia
-  Portail consacré à l’ADSL en France : DSL Valley
-  Tests d’éligibilité aux offres d’accès par ADSL : Degrouptest - Egibilité ADSL

Le point sur...
-  Les technologies DSL
-  La boucle locale cuivre : du répartiteur téléphonique à la prise d’abonné
-  Zones blanches et zones grises
-  Le dégroupage
-  Jeu du marché et enjeu de régulation

Contact
Stéfan Le Dû - téléphone : 02.40.12.85.36 - Chargé d’études techniques
Groupe Aménagement Numérique des Territoires - CETE de l’Ouest

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