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Evolution de la demande en très haut débit
Question 6 - Quelles évolutions sont susceptibles d’accroître la demande en très haut débit ? Quels sont les freins à l’adoption des nouveaux usages ? Comment les pouvoirs publics peuvent-ils stimuler la demande ?
Les évolutions susceptibles d’accroître la demande en très haut débit renvoient à la question précédente : elles sont directement associées aux services et aux usages gourmands en bande passante susceptibles d’émerger (ou déjà en plein essor) qui ont été évoqués ci-dessus.
Plus il existe de possibilités de débit en ligne, plus on échange d’informations volumineuses. Donc la demande en très haut débit viendra de sa disponibilité, la plus répandue possible sur le territoire.
Bien sûr, le prix compte. Les pratiques commerciales des opérateurs et des FAI ont établi, pour le grand public, un prix psychologique minimum de 30€ accepté par les clients. A prix constant, il est nécessaire que l’évolution des débits proposés par ces offres se poursuive. Il serait également souhaitable que l’offre se diversifie, tant en termes de performances, de qualité de services et de prix.
S’agissant des offres professionnelles, seule une concurrence saine a une action bénéfique sur les tarifs et donc la compétitivité des entreprises. Celles-ci fonctionnent à budget télécom constant, voire à la baisse si possible : plus de débit au même prix est leur crédo. Il faut donc créer les conditions d’une baisse du coût du très haut débit pour l’aligner sur le haut débit.
Quels sont les freins à l’adoption des nouveaux usages ?
Concernant les freins à l’adoption des nouveaux usages, ils sont liés à plusieurs facteurs :
la capacité à acquérir l’équipement informatique (point d’entrée du monde numérique),
celle à l’utiliser (la manipulation et les usages courants permis par cet équipement),
la connaissance des possibilités offertes par cet équipement (même s’ils ne correspondent pas effectivement à des usages pratiqués).
Le premier frein est de nature matérielle, les deux autres sont liés à la problématique de la formation de l’usager et sa capacité d’adaptation.
Ces trois facteurs généraux (accessibilité matérielle - facilité de manipulation - capacité de projection), qui, par leur négation, constituent des freins à l’émergence de nouveaux usages, contiennent aussi des pistes d’action pour les atténuer ou les effacer.
Ainsi les moyens auxquels la puissance publique pourrait recourir sont des actions pouvant favoriser l’équipement informatique des ménages et développer l’accès aux formations aux outils informatique et internet, tant à destination des particuliers que des entreprises.
Des informations communiquées récemment par l’INSEE nous font savoir que 50% des foyers qui ne sont pas connectés à Internet n’en ont pas le besoin et 14% parce que le coût en est trop élevé. On sait que l’absence de besoin est très souvent due à l’ignorance de ce que peut apporter l’Internet. Quant au coût, il peut aussi être l’objet d’un choix de priorité dans le foyer.
Cela dit, l’adoption des nouveaux usages passe par la disponibilité au foyer des équipements nécessaires.
Avec l’ADSL, il faut une ligne de téléphone fixe. Or, selon une enquête récente de TNS-SOFRES, 17% des foyers n’en ont pas. Le coût de l’installation d’une ligne doit être abaissé ou bien lissé via un engagement de durée d’un abonnement à Internet pour être indolore. Etant donné que les PC portables sont dotés d’interface WiFi, en attendant le WiMax, on dispose déjà d’un parc installé important. Une autre solution serait donc d’améliorer la couverture WiFi payante sur les zones urbaines au moins dans un premier temps.
Ceci posé, le premier des freins reste l’acquisition du micro-ordinateur familial. Bien que son prix ait considérablement baissé en quelques années et continue de baisser, il ne peut pas encore être considéré comme un produit de grande consommation, à l’image par exemple d’un lecteur DVD. Le taux d’équipement des foyers qui vient de passer la barre des 50% peut certainement être rapidement amélioré par des mesures volontaires. Imaginons qu’il soit égal à celui des postes de télévisions !
Ensuite, viennent les périphériques qui créent du contenu, notamment les appareils photos numériques, les caméscopes numériques. Ces appareils créent du contenu qui peut être téléchargé sur le blog de l’abonné à Internet.
Comment les pouvoirs publics peuvent-ils stimuler la demande ?
Augmenter encore le nombre d’abonnés haut débit en augmentant le nombre de foyers équipés d’un PC
On donne souvent comme première raison du succès passé du Minitel la gratuité des 5 millions de terminaux qui ont été distribués au public, ce qui a permis de créer rapidement une base de clients installés très importante et donc de stimuler le marché des services. Si l’état distribuait des PC à tous les foyers, l’effet pourrait se révéler très positif. Mais ne rêvons pas : équiper 50% des foyers restants avec des PC à 500€ reviendrait à 6 milliards d’euros.
Il reste qu’il faut augmenter globalement le nombre d’abonnés à Internet. Par le principe d’écrémage bien connu dans la vente de produits technologiques, sur une base installée de clients haut débit plus larges, les opérateurs pourraient commencer à proposer des services de très haut débit plus chers.
L"Etat pourrait chercher à augmenter le taux de pénétration d’Internet dans les couches sociales à faible revenu en les aidant à s’équiper d’un PC. Un moyen pourrait être par exemple d’étendre à tous les contribuables exonérés d’impôts le PC à 1€ par jour, en couplant sa livraison à la prise d’un abonnement Internet, éventuellement aidé lui aussi, avec une durée d’engagement égale à la durée du crédit mis en place pour le PC.
Pour les couches sociales qui paient l’IRPP, l’Etat pourrait prévoir un crédit d’impôt, comme il en existe pour les investissements destinés aux économies d’énergie, pour tout achat couplé (PC + abonnement à Internet HD ou mieux, THD). Inévitablement, une partie de cet argent servira à renouveler les équipements mais tout nouveau foyer équipé et abonné à Internet apportera son flux.
Enfin, il est deux domaines, souvent cités, sur lesquels la puissance publique se doit d’intervenir. Le premier consiste à donner l’exemple, tant à travers ses services aux citoyens (l’administration électronique) , que dans son utilisation interne (généralisation du recours à Internet, de la dématérialisation des documents et des procédures).
Le deuxième domaine consiste, pour une collectivité, à participer au développement de l’offre haut débit sur son territoire. En effet, mettre à disposition des usagers (particuliers et entreprises) une offre haut débit de qualité et dans un contexte concurrentiel est une véritable stimulation des usages.
Cette idée nous renvoie au triptyque classique infrastructures-services-usages : c’est le développement d’infrastructures dans un contexte favorable (concurrence) qui permettra le développement de services performants auprès des usagers, indispensable au développement des usages. D’autre part, l’émergence de nouveaux usages engendre de nouveaux besoins et stimule à la fois le développement de services et d’infrastructures.
Dans le cadre de cette interdépendance, à la fois pour la stimuler et la maintenir, c’est en même temps sur les infrastructures et sur les usages que doit agir la puissance publique.
La mise à disposition d’infrastructures permettant un transport d’informations suffisamment performant pour ne contraindre aucun usage est, au même titre que l’accès à l’équipement informatique, un point d’entrée incontournable. Parallèlement, l’accompagnement par des actions portant sur le développement des usages en est un pendant incontestable : l’infrastructure haut débit sans usage haut débit est un non-sens.
C’est donc dans cette double perspective que doit intervenir la puissance publique : stimuler les usages haut débit et assurer une offre raisonnable et suffisante en terme de capacité pour n’en freiner aucun.







