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Le point sur... Travaux pour un réseau enfoui

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10 janvier 2011
Les câbles de communications électroniques sont généralement mis en place dans des fourreaux souterrains. Il existe différentes techniques de génie civil pour la création d’infrastructures d’accueil souterraines : les tranchées, solution courante mais lourde et coûteuse, les tranchées de faibles dimensions, solutions dont l’usage se développe, le rainurage, permettant un enfouissement rapide mais faiblement protégé, ou encore le forage, adapté au franchissement d’obstacles. Pour les gestionnaires de voirie, l’enjeu est de préserver au mieux leur patrimoine dans le cadre de ces différents travaux ; pour les constructeurs de réseaux, il est de réaliser des économies importantes notamment par la mutualisation, à travers la coordination des travaux.

Les câbles des réseaux de communications électroniques sont généralement protégés des contraintes extérieures par une pose en souterrain. Dans la plupart des cas, ils sont mis en place dans des fourreaux, qui ont eux-mêmes préalablement été enfouis, généralement sous la voirie, suivant diverses techniques de génie civil.

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Tranchée
crédit photo daroussin.com

Les tranchées : la solution la plus courante

Présentation

Technique la plus courante, la tranchée est une excavation longue, de section rectangulaire, avec une profondeur de l’ordre du mètre et une largeur de quelques dizaines de centimètres (voir schéma d’une coupe type ci-dessous). Les fourreaux sont posés au fond de la tranchée, généralement sur un lit de sable. La tranchée est ensuite comblée ; la structure et les matériaux utilisés pour le remblai doivent permettre de garantir la bonne tenue de la tranchée, en particulier lorsqu’elle est pratiquée sous des voies sous circulation.

Géométrie

La profondeur minimale des tranchées est définie par la norme NF P98-331 relative aux réseaux enfouis : couverture minimale de 0,60 m sous trottoir ou accotement et 0,80 m sous chaussée. La norme fixe également des distances de retrait minimales par rapport à la végétation (de 1 à 2 mètres suivant les cas) et aux constructions (0,30 m en général). Si l’on souhaite faire cohabiter dans une même tranchée des réseaux de nature différente (eau, gaz, communications électroniques, électricité...), des règles d’inter-distances peuvent s’appliquer (norme NF P98-332).

Aspects économiques

Le coût moyen d’une tranchée est compris entre 50 et 80€/ml. Il varie fortement suivant le type de terrain (naturel, sous chaussée, sous trottoir...), de la nature des réfections à réaliser (pavés, enrobé...), des conditions du chantier (un chantier en zone urbaine dense est plus complexe à gérer et donc plus coûteux : jusqu’à 250 €/ml), de la technique employée (les tranchées peuvent être réalisées avec une pelleteuse, pour les courtes distances, ou avec un engin spécialisé, la trancheuse, plus adaptée pour les longues distances), de l’ampleur des travaux, etc. A ce coût direct doivent être ajoutés les coûts indirects (impact sur la chaussée concernée) et sociaux (gêne pendant les travaux), plus difficiles à évaluer.

-  Avantages : technique courante, normalisée ; compétences largement disponibles ; grande capacité d’accueil

-  Inconvénients : chantiers longs et encombrants (gênes à la circulation) ; coût direct et total élevés

Les techniques de génie civil allégé

Les tranchées de faibles dimensions

Les dites micro-tranchées et mini-tranchées sont de profondeur et de largeur réduites (entre 5 et 30 cm). Leur capacité d’accueil est plus limitée que celle d’une tranchée classique, mais elles permettent des chantiers plus légers, moins coûteux (de l’ordre de 50€/ml en moyenne, variable suivant les situations) et beaucoup plus mobiles et rapides.

Technique moins courante que la tranchée « classique », les tranchées de faibles dimensions nécessitent un matériel et un savoir-faire particuliers, dont les entreprises commencent à se doter. La normalisation de cette technique date de juin 2009 (XP P98-333).

-  Avantages : chantier peu encombrant ; rapidité (environ 500m/j en moyenne) ; coûts directs et total réduits

-  Inconvénients : moindre capacité d’accueil de la tranchée ; compétences encore rares

Le rainurage

Le rainurage consiste à "scier" la couche supérieure de la chaussée (ou du trottoir) sur quelques centimètres de profondeur et environ un centimètre de largeur. La rainure ainsi réalisée peut accueillir directement un câble de fibres optiques renforcé. Cette technique peut notamment répondre au besoin croissant de déploiement rapide de nombreux liens de faible diamètre en milieu urbain. Le principal inconvénient de la technique est la moindre protection des câbles, en raison de la faible profondeur d’enfouissement. En cas de travaux, il faut les retirer ou les couper, et rétablir ensuite la liaison.

-  Avantages : rapidité (jusqu’à 2,5km/jour) ; coût et légèreté du chantier

-  Inconvénients : pérennité du câble non garantie ; forte dépendance vis à vis des travaux de voirie ultérieurs ; technicité particulière encore peu maîtrisée par les entreprises.

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Coupes types de tranchée sous chaussée, microtranchée, rainurage (de g. à d.)
note : les échelles relatives ne sont pas respectées
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Chantier de forage dirigé
crédit photo electrinet.co.nz

Le forage : pour le franchissement de points durs

Afin de franchir des obstacles tels que les axes routiers à fort trafic sur lesquels des tranchées transversales seraient trop pénalisantes, les canaux et cours d’eau, les bâtiments, les voies ferrées, et de manière générale tout ouvrage pour lequel il n’est pas possible ou trop coûteux de creuser verticalement depuis la surface, on utilise des techniques de forage.

Le forage peut être rectiligne ou dirigé en cas de réalisation de trajectoires courbes. La longueur maximale d’un forage est de l’ordre de 500 mètres en technique dirigée, et de plus de 2 km en technique rectiligne classique. Bien entendu, celle-ci dépend fortement de la nature des terrains traversés.

-  avantages : aucune intervention en surface ; techniques idéales pour les passages transversaux ; faibles coûts indirect et social

-  inconvénients : longueurs limitées ; technicité supérieure aux tranchées, coût direct élevé

Les enjeux liés aux travaux de génie civil

Le déploiement du très haut débit dans les années à venir s’appuiera sur la mise en place de réseaux de fibres optiques jusqu’aux habitations (FTTH) ; par conséquent, dans de nombreuses villes, lorsque la pose en aérien sur poteaux n’est pas envisageable et qu’il n’existe pas d’infrastructures pré-existantes, des fourreaux devront être mis en place sous la voirie en recourant à ces différentes techniques.

Le principal enjeu du gestionnaire de la voirie affectée par les travaux est d’en préserver la qualité et la pérennité. Il fixe donc au maître d’œuvre des objectifs en termes de qualité de la réfection, par des prescriptions techniques formulées dans le règlement de voirie et reprises dans l’autorisation de réaliser les travaux.

Le gestionnaire de voirie a tout intérêt à rechercher la coordination des travaux entre les différents concessionnaires et gestionnaires de réseaux, afin d’éviter des réouvertures successives de la chaussée, sources de dégradation potentielle de la structure, mais aussi de gêne aux usagers pendant les chantiers successifs.

our des raisons économiques, les maîtres d’œuvre réalisant de tels travaux ont également intérêt à rechercher la mutualisation, que seule la coordination rend possible. Dans le cadre de la réalisation ex nihilo (c’est-à-dire sans réutilisation d’infrastructures d’accueil existantes) d’un réseau de fibres optiques enterré, le génie civil représente en effet généralement 70 à 80% de l’investissement total.

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Pour en savoir plus

Liens internes
- Documentation complémentaire « Gestion du domaine public et infrastructures de communications électroniques »
- Le point sur les infrastructures d’accueil de réseaux filaires
- Génie civil allégé adapté aux réseaux optiques enfouis

Contact
Groupe Aménagement Numérique des Territoires - CETE de l’Ouest


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Commentaires sur l'article
  •  FTTH, par Denis Morin : responsable des Grands Comptes / Groupe MARAIS , le 24 juin 2009 à 16h25

    Bonjour

    La France est à la pointe du génie civil allégé pour la FTTH avec le robot SIDECUT :
    voir le site www.samarais.com (http://www.samarais.com)

    Cordialement

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